Une « Madeleine pénitente » d’après Pompeo Batoni : la mémoire d’un chef-d’œuvre disparu
Une « Madeleine pénitente » d’après Pompeo Batoni : la mémoire d’un chef-d’œuvre disparu.Certaines œuvres dépassent leur seule qualité décorative pour devenir les témoins d’une histoire artistique aujourd’hui partiellement effacée. C’est le cas de cette importante huile sur toile représentant
Marie-Madeleine pénitente, proposée par Guette’s Auction dans le cadre de sa vente
Mobilier & Objets d’Art.Réalisée d’après une célèbre composition de
Pompeo Girolamo Batoni (1708-1787), cette peinture de la seconde moitié du XIXᵉ siècle perpétue le souvenir d’une œuvre originale aujourd’hui considérée comme perdue.
Marie-Madeleine, entre méditation et repentir.La scène représente Marie-Madeleine plongée dans une profonde méditation. Accoudée près d’un livre et d’un crâne, elle apparaît isolée au sein d’un paysage sombre et silencieux.
Le crâne, traditionnel
memento mori, rappelle la fragilité de l’existence humaine et le caractère éphémère des biens terrestres. Associé au livre, il souligne la dimension spirituelle de la composition : celle du recueillement, de la pénitence et de la contemplation.
La douceur du visage, le modelé des chairs et le traitement généreux des drapés contrastent avec l’atmosphère crépusculaire du paysage. Cette opposition renforce la présence de la figure et concentre le regard sur son expression intérieure.
Une composition de Pompeo Batoni aujourd’hui disparue.Cette toile reprend fidèlement un modèle exécuté vers 1742 par Pompeo Batoni, peintre italien majeur du XVIIIᵉ siècle. Originaire de Lucques et principalement actif à Rome, Batoni s’illustra aussi bien dans la peinture religieuse et mythologique que dans l’art du portrait.
Une version de cette Madeleine pénitente était autrefois conservée à la Gemäldegalerie de Dresde. Le tableau fut détruit lors des bombardements de la ville, survenus entre le 13 et le 15 février 1945, qui entraînèrent également la disparition d’une partie importante des collections.
L’œuvre originale étant désormais perdue, les reprises et copies anciennes de cette composition revêtent un intérêt documentaire particulier. Elles permettent d’en préserver l’image et témoignent de sa diffusion auprès des artistes, des collectionneurs et des amateurs d’art au XIXᵉ siècle.
Un travail de copie de belle qualité.Datée de la seconde moitié du XIXᵉ siècle, probablement entre 1850 et 1880, la toile proposée par Guette’s Auction se distingue par une exécution soignée.
Le peintre s’est attaché à restituer la délicatesse des carnations, la profondeur des ombres ainsi que la richesse des étoffes. L’œuvre pourrait avoir été réalisée dans un contexte académique, à une époque où la copie des maîtres anciens occupait une place essentielle dans la formation des artistes.
Elle est présentée dans un important cadre en bois et stuc doré, richement décoré de rinceaux, qui renforce son caractère solennel. Une ancienne étiquette portant la mention « Pompe Batoni » accompagne également le tableau.
Un témoignage précieux de la transmission des œuvres.Au-delà de ses qualités picturales, cette
Madeleine pénitente illustre le rôle essentiel joué par les copies anciennes dans la transmission de l’histoire de l’art.
Lorsqu’un original disparaît, ces œuvres deviennent les gardiennes de sa mémoire. Elles nous renseignent sur sa composition, sa réception et l’influence qu’elle exerça sur les générations suivantes.
Cette huile sur toile constitue ainsi une occasion rare de redécouvrir une image autrefois associée aux collections de Dresde et de renouer avec l’univers sensible et spirituel de Pompeo Batoni.
D’après Pompeo Girolamo Batoni (1708-1787) – Madeleine pénitenteHuile sur toile, seconde moitié du XIXᵉ siècle
Lot n° 28
Estimation : 2 500 à 3 500 €
Le lot est à découvrir dans notre vente
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